N°3 – Décembre 2007
L’actualité des troupes
On joue : Cinq troupes du département, au moins, jouent ces prochaines semaines dans leurs communes. Trois troupes amateurs ont inauguré à leur manière le Quatrain, nouvel équipement de la communauté de commune Sèvre, Maine & Goulaine. Un festival de théâtre amateur y a réuni, en novembre, Balivernes de Château-Thébaud, Les Comédiens du Bois-Geffray de la Haie-Fouassière et Le Théâtre du Marais, de Haute-Goulaine.
Les Campagn’artistes :
Animation & Culture de Derval et l’association culturelle Vincentaise organisent leur première rencontre de théâtre amateur les 9 et 10 février à l’espace Campagn’art de St Vincent-des-Landes. Renseignements au 02 40 07 70 10
L’actualité du Grand T Stages :
- Que des auteurs vivants ! C’est Denise Bonal, Jean-Yves Picq, Serge Valletti ou Catherine Zambon qui ont été à l’honneur lors du stage De l’écrit au jeu animé par Gilles Gelgon en novembre.
-Vers un théâtre amateur sans voix ? Le stage de Découverte du Mime, animé par Fabrice Eveno, a refusé du monde. Une seconde édition sera proposée la saison prochaine.
-Un seul couturier ! Le stage de Création de costumes, animé par Nathalie Prats-Berling a intéressé huit personnes (dont un homme). Il s’est déroulé dans les loges du Grand T, à l’occasion des représentations de Faut pas payer, de Dario Fo, dont les costumes ont été créés par… Nathalie Prats-Berling. -Et deux sonorisatrices ! Le stage de Son (installation et régie), animé par Jean-Christophe Guillemet, accueillera dix personnes (dont deux femmes). La Compagnie Banquet d’Avril de Nantes (direction Monique Hervouët) propose actuellement un spectacle interprété en parité par des comédiens amateurs et des comédiens professionnels. Le Grand T a bien sûr accordé toute son attention à ce projet. Ainsi, huit comédiens amateurs de cinq troupes du Sud-Loire ont travaillé ce texte de Serge Valletti cet automne (pour trois représentations en décembre à Vallet, La Chevrolière et Haute-Goulaine), tandis que huit autres, de sept troupes du Nord-Loire, s’y attèlent, pour trois représentations en avril, à St Mars la Jaille le 1er, Châteaubriant le 4 et Ancenis le 8.
Aide à la création
Les Metteurs en scène-conseil poursuivent leurs pérégrinations dans le département. Après six saisons 29 conventions ont été signées, avec des troupes de Crossac à Monnières et de Moisdon-la-Rivière à La Bernerie-en-Retz. La proposition de Technicien-conseil, sur le même principe (trois interventions sur place pour mener à bien la création technique d’un spectacle : décor, lumière, son), démarre elle tout doucement… Renseignez-vous !
Les Coups de théâtre à Saint-Barthélémy d’Anjou
Après nos 9es rencontres de théâtre amateur en Loire-Atlantique à Pornichet en juin (Cf. ci-dessous), le THV de St Barthélémy d’Anjou prépare l’édition 2008 de ses Coups de théâtre - sélection régionale Festhéa des Pays de la Loire. Une trentaine de membres des troupes sélectionnées les années passées sillonnent dès à présent la région pour voir les spectacles de la quarantaine de compagnies candidates (dont 13 de Loire-Atlantique : l’Atelier Théâtre de Cordemais, La Bande annonce de Couëron, La Boîte à Sardines de St Nazaire, Commédia Dell Quartier de Couffé, L’Estrade de Vertou, Le Failli-Gueurzillon de Louisfert, Mao-Hudié de Nantes, New Rancard de Teillé, Les Petites coupures de Saint-Herblain, Les Puces de Nantes, Les Rats piècés de Bouvron, Scène sur Loire de Couëron et Théatrémolo de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu)
Petites nouvelles du monde
- SACD :
En 2006 les demandes d’autorisation reçues par la SACD émanaient à 40% de troupes de théâtre amateur. Si ces dernières produisent beaucoup de spectacles, elles jouent tout de même moins que les professionnels qui ont donné sur l’année en France 127 000 représentations, pour 20 000 par des amateurs (soit 86 % et 14 %). - Amateurs rémunérés et/ou professionnels bénévoles : Un projet de loi décrivant les conditions dans lesquelles un producteur de spectacles pourrait recourir à des artistes amateurs dans un cadre lucratif, circule depuis deux ans de ministères en Conseils supérieurs. L’examen à l’Assemblée Nationale de ce texte, à la portée politique considérable pour les compagnies professionnelles indépendantes notamment, devrait attendre le lendemain des élections municipales…
- Au pied du sapin :
Arte-Vidéo a édité un coffret qui réunit 4 pièces emblématiques du Festival d’Avignon (Médée - Euripide - Lassalle, L’Ecole des femmes - Molière - Bezace, La Trilogie de la villégiature - Goldoni - Benoît, -Woyzeck - Büchner-Ostermeier) et un documentaire de M.Viotte et B.Faivre d’Arcier Cour d’honneur et champs de bataille. 50 €. Pour satisfaire votre éventuel appétit de théâtre à la maison, il y a aussi le CNC (Centre national de la cinématographie) et son catalogue Images de la culture qui compte près de 150 films (en location). Des Leçons (d’Antoine Vitez, de Patrice Chéreau, de Jacques Lecoq), quelques pièces et beaucoup de documentaires (sur des auteurs, des grands comédiens, des lieux ou des événements) : cnc.fr – Images de la Culture - Théâtre
- Les Ecrivains Associés du Théâtre :
Les EAT est une association qui a été créée en juin 2000 et dont le but est la promotion des écritures dramatiques contemporaines. Elle tient son quartier général au Théâtre du Rond-Point à Paris, dont la mission est de se consacrer exclusivement aux auteurs vivants (et dirigé depuis 2001 par Jean-Michel Ribes qui fut le premier président des EAT). Vous saurez tout sur cette association en consultant son site www.eatheatre.com. Nous reproduisons ci-après (cf. l’humeur du mois) un éloge du silence, rédigé par Laurent Contamin, auteur et administrateur des EAT.
Festivals nationaux
- Festhéa :
Du 27 octobre au 3 novembre dernier s’est déroulé à Joué-les-Tours (37) le festival national de théâtre amateur Festhéa (dont notre rencontre de Pornichet - cf. ci-dessous - fut l’étape régionale). Le Théâtre du Rimel, de Nantes a dignement représenté le département et la région, se voyant attribuer la Tour d’Argent pour sa création Les Pleurs du Trio. C’est la Compagnie Agora de la région PACA qui a remporté la Tour d’Or avec Thé à la menthe ou t’es citron de P.Haudecoeur et D.Navarro, et la Cie La Paloma d’Ile de France la Tour de Bronze avec Les Muses orphelines, de M.M.Bouchard. Vous pourrez voir la création du Rimel dans de nombreuses communes du département jusqu’à la fin de la saison (Cf le calendrier des troupes sur le site du Grand T). - Le Masque d’Or : Ce festival est organisé tous les quatre ans par la FNCTA et la ville d’Aix-les-Bains, où il avait lieu les 2 et 3 novembre derniers. Quatre troupes, sélectionnées sur toute la France durant les deux années passées y ont obtenu les distinctions suivantes : Masque d’Or au Théâtre du Torrent, d’Annemasse (74) pour Hôtel des deux mondes, d’E.E.Schmitt, Masque d’argent à la Compagnie du Moulin, de l’Haÿ-les-Roses (94) pour Danser à Lughnasa de B.Friel, Masques de Vermeil à la Baraque Foraine de Lille (59) pour Théâtre sans animaux de J.M.Ribes et à la Comédie de la Mansonnière de Maison-Laffitte (78) pour Le Minotaure de M.Aymé.
17es Coups de Théâtre et 10es Rencontres de théâtre amateur en Loire-Atlantique
L’édition 2008 des Coups de Théâtre, sélection régionale Festhéa organisée en alternance avec Le Grand T, aura lieu au THV les 30, 31 mai et 1er Juin.
L’édition 2009, organisée par Le Grand T, aura lieu, c’est maintenant officiel, à l’Espace de Retz, de Machecoul, les 5, 6 et 7 juin.
Les organisateurs pourront tirer les leçons du succès indéniable remporté par l’édition 2007 qui s’est déroulée au Quai des Arts de Pornichet :
- Dans sa phase préparatoire tout d’abord, avec 34 troupes candidates, une équipe d’une trentaine de comédiens et metteurs en scène amateurs, qui a sillonné la région à la rencontre de ces troupes, deux manifestations de « pré-sélection » (Montjean-sur-Loire et Rouans), qui ont permis à 18 troupes de rencontrer un nouveau public, un partenariat exemplaire entre Le Grand T, le Quai des Arts, la ville de Pornichet, et la Cie de La Réplique, troupe amateur pornichetaine.
- Dans le déroulement de la rencontre ensuite, avec près de 100 artistes amateurs de la région, neuf professionnels, comédiens, metteurs en scène, directeurs de théâtres ou de compagnies, sur place en permanence, membres du jury ou conseillers techniques en charge de guider les troupes dans leur progression, 1 400 entrées (dont 92 abonnés !), auquel il convient d’ajouter 200 personnes pour le spectacle de clôture en plein-air, 60 personnes à la conférence du samedi matin et autant à la table ronde du dimanche matin, une qualité des productions amateur en nette progression, de l’avis de tous,
- Dans la dynamique engagée, enfin, avec un comité régional de pré-sélection qui s’étoffe, et qui reprend son activité sans attendre, des villes candidates pour les pré-sélections départementales des trois années à venir (en avril 2008 : Couëron (44) du 4 au 6 et Château-Gontier (53) du 11 au 13), l’intérêt croissant que suscite la programmation de la compagnie représentant les Pays de la Loire lors de la rencontre nationale de Tours, chaque année à la Toussaint.
 L’Humeur du mois
Et pourtant ce silence…
« … ne pouvait être vide », écrivait en 1978 le regretté Jean Magnan. Emportés par les questions que la création soulève en nous, (« que dire ? », « pourquoi dire ? », « comment dire ? », « à qui dire ? »…), nous en viendrions presque à oublier le souci du silence ; le soin nécessaire à porter au silence, au cœur de notre pratique d’écriture. Le silence est loin d’être vide. Il parle, il peut même être assourdissant. John Cage a créé une pièce de quelques minutes composée uniquement de silence, pour nous apprendre à écouter. Franz Schubert, en des temps plus anciens, prétendait que les silences, dans sa musique, étaient ce qu’il y avait de plus important. Ils sont fous, ces musiciens : les silences, plus essentiels que les notes ?
Les mots, les phrases, nous en sommes abreuvés du matin au soir. Slogans publicitaires qui nous assaillent au saut du lit, discours politiques que nous tentons vaillamment d’écouter, en bons citoyens que nous sommes, dialecte médiatique tautologique, téléphone portable dans une oreille et MP3 dans l’autre, sabir fashion et textos-non-stop, infos en temps réels, chroniques de la pensée unique, magazines, blabla des tables rondes et autres talkshows, bavardages, colloques et dîners en ville, de langue de bois en parole frelatée… N’en jetez plus ! Et il faudrait encore rajouter de la parole théâtrale à toutes ces paroles ? Mais pour quoi faire ? Est-ce que l’imposture du langage ne fait pas assez de ravages comme ça ? Taisons-nous ! Pourquoi diable voudrions-nous encore ajouter du bruit au bruit ?
Peut-être, justement, parce qu’à l’inverse de toutes les paroles précitées, la langue théâtrale serait porteuse de silence. Le silence serait son compagnon secret, sa partie immergée de l’iceberg, son alter ego. Les temps, les suspens – les soupirs, pour reprendre un terme musical – fonctionneraient comme les charnières permettant aux portes du langage de s’ouvrir et au spectateur (ou au lecteur) de répondre à l’invite de l’auteur ; de se mettre en marche et d’entrer jusqu’au seuil du poème dramatique, lieu de la rencontre.
C’est évident chez des auteurs comme Beckett, Sarraute, Pinter, Kermann… Mais chez d’autres aussi, et à vrai dire la liste serait longue. Cet hiver, quelques beaux silences entraperçus sur les scènes de théâtre : Rémi de Vos (Jusqu’à ce que la Mort nous sépare), Charles-Eric Petit (Le Diable en bouche), Zinnie Harris (Plus Loin que loin).
A y bien regarder (ou plutôt à y bien écouter), c’est sans doute vrai (même si c’est présent de manière différente pour chaque auteur), cette histoire de densité du silence, dans tout texte qui a quelque chose à dire. On pourrait presque avancer que l’imposture du discours est inversement proportionnelle à la qualité du silence que celui-ci transporte avec lui. Artaud disait : « Le mot n’est fait que pour arrêter la pensée ; il la cerne, mais la termine ; il n’est en somme qu’un aboutissement (…). Le théâtre a perdu sa véritable raison d’être…On en est venu à souhaiter un silence, où nous pourrions écouter la vie ». (Lettres sur le langage)
Evidemment, le silence met en danger la parole (au risque même de l’anéantir), à force de lui tendre son miroir sans pitié. Mais c’est tant mieux ! Car la parole – et singulièrement la parole dramatique – n’est forte que d’être ainsi sans cesse mise au pied du mur. La parole n’est légitime que d’être ramenée dans son questionnement primitif, dans sa matrice de gestation, dans son état d’avant le langage, d’être toujours et encore jugée par le silence qui l’accompagne, questionnée, passée au filtre du silence, afin de pouvoir naître et renaître, miraculeusement neuve et donc nécessaire, sur le plateau du théâtre.
Il faudrait, en écrivant, accorder autant (plus ?) d’attention à ses silences qu’à ses mots. Un peu de silence, par pitié ! D’ailleurs, tout ça est très bavard. Assez parlé. Fin de l’édito.
Laurent Contamin

Le calendrier du théâtre amateur au Grand T Janvier
Sam 12 et Dim 13 - Grand T :
Stage « Son » - Jean-Christophe Guillemet
Lun 14 18h30 - Théâtre universitaire de Nantes :
Rencontre d’artistes Oh les beaux jours – Samuel Beckett
Me 16 - 18h - Passage Pommeraye
Conférence Homme pour homme – Bertolt Brecht
Sam 26 et Dim 27 - Grand T
Stage « Direction d’acteurs » - Solenn Jarniou
Me 30 - 18h30 - Derval
Rencontre d’artistes Les règles du savoir-vivre – Jean-Luc Lagarce Février
Me 6 - 18h - Passage Pommeraye :
Conférence Les diablogues – Roland Dubillard
Et nos rubriques habituelles consultables sur le site :
Fiches de lecture – Calendrier des troupes - Annuaire des troupes – Caisse à outils – Aide à la création Malles répertoire - Publications - Petites annonces – Le programme du Grand T – Le Blog du Grand T
Prochain numéro fin janvier
Le Grand T – Théâtre amateur – 68 rue du Général Buat – BP 30111 – 44001 NANTES Cedex 1 –
La lettre en ligne du théâtre amateur, publication du Grand T - 10 passage Pommeraye – 44000 NANTES.
Directeur de publication : Philippe Coutant, Rédacteur : Bertrand Chauveau, Crédit photo : J-F Rabillon - M Bouré
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