Le Grand T et la responsabilité sociétale des entreprises (RSE)

 
Un théâtre est un lieu public où se croisent artistes, spectateurs, partenaires et usagers. 
C’est aussi une communauté de travail qui, comme toute organisation, interagit avec le territoire où elle exerce son activité. Au fil des années, Le Grand T est devenu de plus en plus attentif à l’impact social et environnemental de son activité artistique et culturelle, jusqu’à prendre l’engagement d’inscrire ces préoccupations au cœur de sa stratégie de développement.  
 

Au printemps 2017, Le Grand T est le premier théâtre français à recevoir le label LUCIE qui reconnaît l’engagement des organisations dans une démarche Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) sincère et dans une volonté de progresser. 
 

Du théâtre de service public à l’adhésion à la démarche de responsabilité sociétale

Le Grand T est un théâtre de service public qui a toujours défendu des valeurs de coopération, transmission dans le respect de l’intérêt général. 

En 2014, l’adhésion de Catherine Blondeau et Alain Anglaret, respectivement directrice et administrateur du Grand T, au réseau d’entrepreneurs Dirigeants Responsables de l’Ouest – les conduit à interroger leurs pratiques de manager, à la double lumière des valeurs de service public et de celles de la RSE.  

En juin 2016, l’organisation du festival Tous Terriens fonctionne comme un laboratoire / catalyseur en faisant surgir en interne des interrogations autour des notions de gaspillage, de réemploi et en expérimentant, pour l’occasion, des pratiques de travail en équipe plus coopératives et plus inclusives.  

Simultanément, l’équipe du Grand T se met à interroger ses pratiques internes et invente des solutions : entre fin 2015 et mi 2016, les représentants du personnel du Grand T lancent une enquête sur le « bien-être au travail » qui ouvre un débat sur l’organisation du travail et les méthodes d’animation d’équipe en vigueur au Grand T.  
Un groupe « RSE » de 10 salariés se constitue pour piloter l’amélioration des démarches responsables en interne et en externe. Son objectif est d’établir un état des lieux de la RSE au Grand T (parité, diversité, dialogue social, SAV, accueil, relations fournisseurs…), de proposer des idées pour en corriger les faiblesses, et de mesurer les progrès d’une année sur l’autre. 


La mise en œuvre de nouvelles pratiques RSE : quelques exemples 

ÉCOLOGIE DES PRATIQUES 
• Encouragement des circuits courts dans les prestations (catering, prestations techniques ou de services…) 
• Soutien à la mobilité douce : indemnités vélo versées aux salariés qui viennent travailler en vélo, signature du plan mobilité avec Nantes métropole, construction d’abris-vélos sur le site du théâtre (à usage des salariés et spectateurs) 
• Tri des déchets au quotidien. Installation de deux composts à usage du Grand T (équipes, compagnies, restaurant) et des voisins 
• Participation à un groupe de travail avec le festival d’Aix, le Théâtre national de Strasbourg et le Théâtre du Châtelet pour encourager l’éco-conception des décors. 
 
ÉCOLOGIE SOCIALE 
• Ouverture du dialogue social aux salariés intermittents travaillant plus de 500 h (un représentant élu à la Délégation Unique du Personnel) 
• Mise à disposition du site du Grand T (parking et jardins) pour des activités associatives ou éducatives œuvrant dans le champ social ou environnemental:  
– Association Place au vélo : cours de vélo à des adultes 
–  Association La Tricylerie : collecte à vélo des déchets végétaux des restaurants du quartier, entretien du compost du Grand T et livraison à des maraîchers (circuits courts)  
– Lycée horticole du Grand Blottereau (classes de BTS et Bac Pro) : plantation d’un verger et projets d’aménagement du jardin en échange de places de théâtre.  
• Suite aux conclusions de l’audit de bien-être au travail, décision du rapatriement des locaux de la billetterie (historiquement situés passage Pommeraye) sur le site du théâtre.  
 
ÉCOLOGIE DU SITE ET DU BÂTIMENT 
• Gestion différenciée des espaces verts, inspirée des principes de Gilles Clément (jardin en mouvement) pour rendre au jardin du Grand T son rythme naturel 
• Raccordement au réseau de chaleur (économie d’énergie substantielle) 
• Construction d’une billetterie, selon des principes RSE (modulable, évolutif, biosourcing, réemploi…) 
La nouvelle billetterie, une construction imprégnée des principes de la RSE 
 

La nouvelle billetterie du Grand T

La nouvelle billetterie est construite selon les trois principes énoncés ci-dessus : écologie des pratiques, écologie sociale et écologie du bâtiment. 
Pour les traduire dans des décisions pratiques, Franck Jeanneau, directeur technique du Grand T, a identifié des acteurs locaux ou nationaux aux pratiques inspirantes sur les questions de réemploi des matériaux et d’éco-construction (collectif Bellastock et Les Grands Voisins à Paris, association Matière sociale et projet Caserne Mellinet à Nantes). 

Le pilotage du chantier de la nouvelle billetterie a été confié à Yohann Olivier. Scénographe en 2016 du festival Tous Terriens, il avait fait preuve, à cette occasion, de son aptitude à concilier des dimensions artistique, fonctionnelle et RSE dans son approche du dessin d’espaces à vivre. Pour mener à bien le chantier, Yohann Olivier a par ailleurs collaboré avec l’agence d’architecture DG2A. 
 

LES PRINCIPES DE CONSTRUCTION
Une architecture modeste mais de qualité, qui prend en compte autant les usagers que les enjeux du développement durable :  
> favoriser les matières brutes, biosourcées, réutilisables et dégradables pour prendre en compte les enjeux du recyclage en fin de vie du bâtiment 
> privilégier le réemploi dans les matériaux employés : les poutres viennent de l’ancienne caserne Mellinet voisine, le plancher provient d’un ancien décor de Christophe Honoré construit par l’atelier de décor du Grand T; les plaques utilisés pour la rampe, la terrasse et les jardinières viennent d’une entreprise locale de fabrication de parpaings. 
> construction sur pilotis sans fondation et sans réseau enterré qui rend le bâtiment déplaçable dans un autre espace du site avec d’autres fonctions 
> conception d’inspiration bioclimatique qui équilibre niveau d’isolation thermique et apports solaires : chauffage poêle à bois, goudron de pin en traitement de surface et isolation métisse® à partir de matière issue du réemploi des textiles usagés 
> billetterie conçue en deux « boîtes » afin de favoriser l’intégration esthétique des nouveaux bâtiments dans leur environnement direct et de respecter la végétation environnante (beaucoup de vitrage, bardage en douglas non traité) 
 

LES CONTRAINTES ET AJUSTEMENTS DU CHANTIER
> L’éco-construction ne permet pas de construire à moindre coût. C’est un choix philosophique, et non une décision économique.  
> La démarche prend du temps (recherche de matériaux en réemploi, nettoyage et préparation des matériaux de seconde main).  
> Le réemploi ne s’avère pas toujours la solution la plus adaptée. Il avait été envisagé initialement d’utiliser des fenêtres invendues, mais celles qui avaient été trouvées ne correspondaient pas à la performance énergétique souhaitée. Pour conserver une haute performance énergétique, Le Grand T a dû opter pour des menuiseries neuves, fournies à tarif préférentiel par l’entreprise CETIH, membre de son Club entreprises. 


Les travaux à l’horizon 2020-22 dans la lignée de cette démarche 

Au-delà de la réponse fonctionnelle aux besoins de l’équipe de billetterie, ce projet de construction s’inscrit dans une volonté de matérialiser les attentes du Grand T en matière d’architecture pour les travaux 2020-2022 financés par le département et d’en éprouver ainsi quelques principes. 

Calendrier des travaux
> septembre 2016 – février 2017 : consultation de l’équipe du Grand T  
> mars 2017 : premières grandes lignes d’un projet de rénovation par Catherine Blondeau et Franck Jeanneau 
> mai 2017 : décision de rassembler sur le site du Grand T, à l’occasion des travaux de rénovation, les activités de Musique et Danse en Loire-Atlantique avec celles du Grand T 
> juillet 2017 – juin 2018 : évaluation, par le programmiste AMOFI, des besoins en espace des deux structures  
> juin 2018 – juin 2019 : concours d’architecture 
> entre 2019 et 2022 : dépôt du permis de construire et travaux 
> livraison prévue en 2022