Swan Lake

CHORÉGRAPHIE DADA MASILO

PREMIÈRE PARTIE : MAD MEN CHORÉGRAPHIE PIERRE BOLO

Un Lac des cygnes sud-africain

SWAN LAKE 
Surnommée la ballerine d’ébène, Dada Masilo ne vit que pour la danse. Née à Soweto, formée très jeune au ballet classique à Johannesburg, elle mène une carrière fulgurante qui la conduit sur les scènes du monde entier. Aujourd’hui, à 26 ans, la chorégraphe sud-africaine nous livre une version iconoclaste et virtuose de Swan Lake. Les douze interprètes, hommes et femmes, y portent le tutu, les cygnes dansent pieds-nus, et il semblerait que le prince
 Siegfried préfère les garçons… Un spectacle de haut-vol, qui aborde aussi de manière joyeuse mais déterminée l’homophobie de la société sud-africaine et prône la tolérance et l’ouverture.
Juste avant Swan Lake, vous pourrez découvrir les trois danseurs de la compagnie nantaise Chute libre avec Mad Men, une création brève et incandescente. Ils défendent un hip hop sensible, mûr, expressif. Une soirée métissée proposée dans le cadre de TranscenDanse, la Biennale de la danse en Loire-Atlantique.

Spectacle proposé 
dans le cadre de TranscenDanse et des Saisons Afrique du Sud - France 2012 & 2013 

 

Traduction intervention en anglais dans le spectacle Swan Lake

 

MAD MEN
PREMIÈRE PARTIE
Mad Men aurait eu pour point de départ le spleen et l’idéal, credo baudelairien entre nostalgie et aspiration à l’au-delà… Mais pour la compagnie nantaise Chute libre, il s’agit plus d’une mélancolie blues, énergisante et vitaliste. Trois danseurs hip-hop se rencontrent sur le plateau pour un spectacle incandescent à l’image de cette danse qui, selon les mots des artistes, « crament en eux. » Le titre Mad Men n’est d’ailleurs pas anodin : du hip hop ils en sont dingues, et à jamais passionnés. Si un univers blues prédomine, la partition musicale se nourrit aussi de Tom Waits ou du flow d’Eminem. Le son structure le geste tout comme la lumière, force incandescente du spectacle. Pierre Bolo signe ici une pièce courte où les corps palpitent sincèrement et ensemble avec l’énergie hip hop.
COMPAGNIE CHUTE LIBRE
Les créations de la compagnie Chute Libre utilisent pleinement les jeux d’identités multiples offerts par la scène. Elles cherchent à mettre en scène et en musique l’intérieur et l’intériorité des danseurs personnages, témoins d’une envie de situer la danse et l’énergie hip hop hors de leur cadre. Danseur hip hop depuis 1995, Pierre Bolo, aka Nesto, est l’un des fondateurs de la compagnie S’Poart à La-Roche-sur-Yon, et directeur artistique de plusieurs créations. Parallèlement, il danse et collabore avec la compagnie Accrorap depuis 2000. Nesto définit sa danse par l’esprit et les dynamiques du hip hop, pour une écriture qu’il emmène dans des univers sensibles, lieux familiers d’un quotidien revisité, imaginaire et poétique. Pierre danse avec le corps comme témoin de l’état d’âme. La gestuelle est puisée dans ses sources d’origine jusqu’à ce que la danse et l’énergie hip hop glissent hors de leur cadre. Il joue le corps, le personnage, le décor et les objets comme révélateurs de sensations. Les créations de la compagnie : Chantier d’artistes (2006), Living Room Orchestra (2006), Génésis (2008), Chat Noir, Chat Blues solo (2009), La Cuisine de Pan (2010), Triptyque Duo(s) (2012), Projet Mad Men (2013), Drafters, Les courants d’air (2013)

 

 

TRADUCTION INTERVENTION EN ANGLAIS DANS LE SPECTACLE SWAN LAKE

Avez-vous déjà invité des amis, que vous croyez totalement incultes, à assister pour la première fois de leur vie à un ballet classique  ? Et si oui, leur avez-vous demandé ce qu’ils en avaient pensé et vous ont-ils fait une réponse sincère  ?
Paul Jennings, un journaliste, a été l’un de ces amis qui nous a livré une opinion candide dans le Sunday Telegraph, un magazine d’Afrique du Sud. Voici ce qu’il a écrit  :
«  Pour nous qui ignorons tout de la danse classique nous suspectons très fortement le ballet de raconter toujours la même histoire avec toujours les mêmes personnages, et qu’il est impossible de changer quoi que ce soit tant les codes artistiques sont rigides. Tous les ballets que nous avons pu voir pourraient se résumer dans un unique ballet dont le titre générique serait  : «  Filles en tutus au clair de lune  ».
Ces filles sont au nombre de 32, et ce nombre est pratique car elles peuvent se diviser en 2 groupes de 16 ou en 4 groupes de 8. On les voit sur la scène devisant gentiment entre elles, tout en bougeant gracieusement les bras en l’air, pendant que les solistes exécutent leurs numéros.
Très souvent le ballet commence avec ces filles qui dansent d’une manière rêveuse et triste comme si elles savaient qu’elles ne trouveront jamais à se marier. Et voilà que 4 ou 8 jeunes gens bondissent sur scène dans un saut que nous pensons être «  un grand jeté viril  » qui va inciter les filles à se regrouper en faisant avec leurs bras de gracieux et ondulants mouvements d’algues.
Mais hélas aucune des filles ne sera enlevée cette fois par les hommes qui préfèrent sortir de scène après leur exhibition. Alors elles se remettent à danser et le plus souvent sur pointes (ça au moins vous savez ce que c’est  !). Et enfin apparaît le premier danseur, un champion, bondissant dans de grands jetés virils, avec des effets d’appui sur orteils encore plus virils. On dirait qu’il cherche quelqu’un  ! Hélas pour les 32 filles, lorsqu’elles réalisent qu’il ne désire aucune d’entre elles, il ne leur reste plus qu’à disparaître en coulisses, poursuivies par lui dans un nouveau saut grandiose d’une absolue virilité.
C’est à ce moment-là que surgit la première des filles, la «  top girl  », mais trop tard  ! Elle a raté le «  top boy  » à quelques secondes près. Du coup elle va en profiter pour nous livrer la totalité de son répertoire  : les pointes, les ondulations d’algues, les vrilles anti-gravité, le recroquevillement sur soi genre «  personne ne m’aime  ». Au moment où elle se contracte sur ce dernier mouvement, voici que les 32 filles en tutu reviennent sur scène. Prise de panique, la «  top girl  » se lance dans une série de vrilles aériennes, fixant son regard dans celui des filles, l’une après l’autre.
Mais les 32 filles ne sont vraiment pas très «  fair play  » avec elle. Elles se regroupent pour lui cacher le premier danseur qui est revenu et erre en fond de scène derrière elles, avec cette démarche caractéristique des danseurs classiques, le pied en tension, la main en visière scrutant au loin pour apercevoir «  la top girl  », mais jamais dans la bonne direction. Arriveront-ils à se retrouver  ?
Les 4 ou 8 hommes reviennent, et cette fois-ci ils choisissent chacun une fille avec laquelle ils se mettent à danser  : «  Quand allons-nous nous marier ? ».

C’est le signal attendu  : les 24 ou 28 filles se mettent en ligne sur deux diagonales convergeant vers le groupe des 4 ou 8 couples. Et là tout le monde se fige, les bras toujours en ondulation d’algues, matérialisant un background derrière le «  top man  » et la «  top girl  » qui vont attaquer leur duo.
Ce duo s’appelle «  Feux d’artifice et haltérophilie  ». Dans la première partie, le feu d’artifice, ils exécutent à nouveau tous leurs pas de danse, ceux de la virilité et ceux de l’apesanteur avec encore plus d’intensité. Apparaît alors un nouvel élément, le jeté sur le dos, où la danseuse tombe sans cesse en arrière dans les bras du danseur avec parfois la nuque au ras du sol.
Lui se prépare pour la figure de l’haltérophilie conjuguée avec la figure du «  Quatre en l’air  », figure dans laquelle il la soulève par une jambe tandis qu’elle plie l’autre jambe afin de former le chiffre quatre. Tout cela pour préparer le bouquet final  : il la soulève au-dessus de sa tête, allongée sur la paume de sa main  !  !  !
Et c’est la fin du ballet. Toutes les figures s’éclatent dans des réjouissances générales  ! »

Copyright  : Dance Factory
Traduction : Interarts Lausanne
08/ 08/ 2012