Le Silence des chauves-souris

TEXTE ET MISE EN SCÈNE ANAÏS ALLAIS BENBOUALI

Du printemps arabe à l’automne français, tentative de compréhension de l’autre

D’abord il y a une rencontre. Voici peu, Anaïs fait la connaissance d’une jeune femme syrienne ayant fui le printemps de son pays. Celle-ci lui raconte sa révolution et lui confie sa difficulté à s’établir ici, en France, dans une réalité qui n’est pas sienne. Les deux jeunes femmes aiment la vie et l’injustice les révolte. En cela, elles se ressemblent. Pourtant, tout les sépare. Comment comprendre l’urgence vitale d’une ébranlée politique ? Que reste-t-il d’autre que la culpabilité ou le sentiment d’impuissance pour celle qui n’a jamais connu la violence aveugle, ni même la privation de liberté ? Dans Lubna Cadiot (x7), présenté en novembre 2012 au Grand T, l’auteure et metteure en scène nantaise Anaïs Allais Benbouali abordait la question des identités composites, à partir de sept voix féminines entremêlées, des années 1950 à nos jours, entre l’Algérie et la France. Dans ce spectacle, la parole libérait des traumatismes du passé. Avec Le Silence des chauves-souris, le théâtre part en quête de la complexité du présent.