Ce que j'appelle oubli

LAURENT MAUVIGNIER MISE EN SCÈNE NICOLAS BERTHOUX

« Un homme ne doit pas mourir pour si peu »

Décembre 2009 - Lyon. Un jeune gars entre dans un supermarché, ouvre une canette de bière, la boit, est arrêté par les vigiles. Il n’en sortira pas vivant. « Et ce que le procureur a dit, c’est qu’un homme ne doit pas mourir pour si peu ». Une voix surgit comme un cri de révolte qui s’essouffle devant l’indifférence. Elle dit l’écoeurement, l’urgence de saisir une violence déraisonnable devenue dérisoire et la nécessité de ne pas oublier.
Laurent Mauvignier à qui l’on doit aussi Des Hommes ou Loin d’eux énonce avec force et pudeur l’indicible, les maux de notre société et de nos intimités. Du fait divers, il déroule une seule phrase comme un seul souffle, sans majuscule ni point.
Le comédien et metteur en scène angevin Nicolas Berthoux s’empare de ce texte fort. Un seul comédien, un seul corps portent ces mots adressés au frère de la victime, ces mots qui nous bouleversent. Pour que le souvenir reste.