Das Weisse vom Ei

(Une île flottante)

D'EUGÈNE LABICHE, CHRISTOPH MARTHALER, ANNA VIEBROCK, MALTE UBENAUF ET LES ACTEURS

Lorsqu’un Suisse-allemand, l’un des plus importants metteurs en scène européens actuels, cuisine l’œuvre du maître français de la pochade, ça donne une farce relevée et chantée, délicieusement toquée. Mené par une talentueuse troupe d’acteurs, le vaudeville est secoué par un burlesque bilingue qui dézingue.

Une île flottante, ça fait de l’effet mais ça fait flop. C’est du vide, du flan, de La Poudre aux yeux finalement. Christoph Marthaler parodie le comique de Labiche pour mieux asséner sa critique des conventions bourgeoises. Il ralentit le temps, étire l’ennui et répand la dérision. En passant, se moque de nous, qui mentons chaque jour un peu pour nous enjoliver le portrait - avouons-le. Donc les parents Malingear et Ratinois se rencontrent en prévision du mariage de leurs enfants. Les uns parlent français, les autres allemand. Et c’est l’escalade des prétentions, en VO et en traduction, un match d’épate qui monte et enfle comme les blancs en neige. Dans un salon grandiose placardé de portraits, peuplé d’animaux empaillés et orné de bibelots à casser, les gags et blagues à la Tati déferlent sur des airs désopilants et des chansons railleuses de Boby Lapointe.