La Pluie d’été

MARGUERITE DURAS MISE EN SCÈNE MONIQUE HERVOUËT COMPAGNIE BANQUET D’AVRIL

Vitry-sur-Seine, une baraque. Le père, la mère et les sept enfants vivent un bonheur en marge de la cité, de la société. Si elle peint l’immigration, l’éducation, la culture et la précarité, Marguerite Duras sacre la beauté, la connaissance universelle et l’amour essentiel. Ce conte populaire est d’une poésie rudimentaire et merveilleuse.

Ernesto l’aîné, plus grand que ses 12 ans, ne veut plus aller à cette école où l’on « n’apprend que des choses qu’on ne sait pas ». À ses côtés, il y a Jeanne, la sœur follement aimée, les brothers et sisters qui s’évadent au Prisu, la mère slave et libre, le père italien et perdu. Et il y a le monde, qu’il embrasse d’un regard et dont un livre brûlé, lu sans qu’il sache alors lire, lui apporte l’intuition des origines et des vanités. Cette langue, bruissement et silence, sonde les entrailles de l’homme. Elle décrit le réel d’une famille sans le sou pénétrée de mystique sans le savoir. Où l’on acquiert l’expérience et la connaissance par le simple fait de vivre, d’être vivant. Monique Hervouët, installée à Nantes avec sa compagnie, prend le parti délicat de la fantaisie de l’enfance pour transposer au plateau une écriture qui a la beauté intense d’une pluie d’été.