Des Mourants

Inflammation du verbe vivre & Les Larmes d’Œdipe

TEXTES ET MISES EN SCÈNE WAJDI MOUAWAD LIBREMENT INSPIRÉ DE PHILOCTÈTE ET ŒDIPE À COLONE DE SOPHOCLE

Il y a eu Des Femmes en 2011 puis Des Héros en 2014. Des Mourants, diptyque librement inspiré de Philoctète et Œdipe à Colone clôt le cycle consacré par Wajdi Mouawad à l’œuvre de Sophocle. Mais cette fois, l’artiste revient à une écriture plus personnelle. Film théâtralisé et oratorio poétique relient la tragédie antique aux crises grecques d’aujourd’hui, avec la puissance révélatrice des mythes  fondateurs.

«Nos intuitions sont-elles des prémonitions? Appelons-nous à nous défaites et victoires ? Appelons-nous le malheur ? Nous sommes des arbres visités par des oiseaux insatisfaits. » Wajdi Mouawad se réapproprie au présent deux des sept tragédies qui nous restent  de Sophocle. Inflammation du verbe vivre (d’après Philoctète) retrace l’errance de Wahid après la disparition précoce de son ami poète et traducteur Robert Davreu. Abandonné par l’inspiration, il part en Grèce, en quête de sens et d’histoires. Passant du plateau à l’écran, Wajdi-Wahid traverse un Hadès de déshérités à la rencontre des héros, poètes et dieux d’aujourd’hui. Dans Les Larmes d’Œdipe, l’aveugle mourant d’Œdipe à Colone évoque avec sa fille-sœur Antigone leur passé douloureux. Un jeune homme les rejoint, venu d’un autre temps, qui pleure la mort de son pays avec celle d’un adolescent tué par la police à Exarchia en 2008. Dans un théâtre d’ombres tout en sobriété, pleurs et chants accompagnent le dernier voyage du vieillard résigné et du jeune homme révolté.