Aparté

Grand entretien avec Mohamed El Khatib

« Le public » n’existe pas. Pas plus celui du théâtre que celui du football. L’agrégation d’individus devant une proposition spectaculaire est un concours de circonstances qui répond à des logiques sociopolitiques hétérogènes. Qu’y a-t-il de commun entre les foules qui se massent pour écouter le pape au Vatican, le 20h de TF1, un concert des Rolling Stones et un match de football ? Quelle ferveur anime ces corps qui le temps d’une cérémonie parfaitement ritualisée posent leur regard dans la même direction ? Qu’est-ce qui fascine tous ces gens ? De quoi cela est-il une métaphore ?

Après des études de Lettres, un passage au CADAC (Centre d’Art Dramatique de Mexico) et une thèse de sociologie sur « la critique dans la presse française », Mohamed El Khatib co-fonde en 2008 le collectif Zirlib autour d’un postulat simple : l’esthétique n’est pas dépourvue de sens politique. Zirlib envisage la création contemporaine comme une expérience, un geste sensible/social dont la dimension esthétique la plus exigeante doit se confronter au quotidien le plus banal. En 2014, la pièce Finir en beauté remporte un large succès en Avignon et obtient plusieurs prix d’écriture.

Cet auteur-metteur en scène-chorégraphe, accompagné par L’L – lieu de recherche pour la jeune création à Bruxelles, est artiste associé au CDN d’Orléans.

L’entretien conduit par Catherine Blondeau retracera l’itinéraire de cet artiste, fils d’ouvrier et fier de l’être.