Blanche Neige

Ou la chute du mur de Berlin

LA CORDONNERIE

Blanche Neige en ado gothique ? Transposée en 1989 dans une cité HLM, racontée par la belle-mère méchante, cette version renverse le mythe et les murs. Après (Super)Hamlet en 2015, La Cordonnerie réinvente un ciné-spectacle avec musique, manipulation d’objets et doublage en live. Un conte joyeux et irrévérencieux pour les enfants, petits et grands.

Élisabeth vit avec sa belle-fille au Royaume, cité HLM à l’orée d’un bois. L’une se mire, l’autre se ferme, et c’est la guerre, froide. Selon la marâtre, Blanche n’est pas comme neige. Faut dire que la mère de la petite est morte et que son père trapéziste est parti en URSS. Un mur s’est dressé entre les deux êtres, comme celui qui sépare Berlin, à des milliers de kilomètres. Sauront-elles l’abattre? Miroir magique de salle de bain, pommes d’amour et nains de jardin décalent le conte originel. Cet univers années 80, nostalgique pour certains, incongru pour d’autres, est un génial bricolage affectif. Sur le film muet, comédiens, bruiteurs et musiciens réalisent la bande-son en direct. Tout ça raconte, avec subtilité et dérision, le difficile dialogue entre adultes et adolescents et ces murs qui s’érigent parfois, malgré nous.