Fin de l’Histoire

D’APRÈS WITOLD GOMBROWICZ TEXTE ET MISE EN SCÈNE CHRISTOPHE HONORÉ 

Et si un jour l’Histoire s’arrêtait ? Christophe Honoré, réalisateur des Chansons d’amour ou du récent Métamorphoses, est aussi metteur en scène de théâtre. Il compose ici une passionnante fresque familiale, historique, philosophique et poétique, une ode à la jeunesse, à son immaturité et sa beauté comme armes de bouleversement massif.

La matière est dense et belle. Au centre, L’Histoire, une pièce inachevée écrite dans les années 1960 par l’auteur polonais subversif Witold Gombrowicz. Autour, La Fin de l’Histoire et le Dernier Homme, théorie élaborée en 1992 par le politologue Francis Fukuyama, d’après les idées de Kojève, Hegel, Marx ou Baudrillard : l’achèvement de l’Histoire aura lieu lorsqu’il y aura consensus universel sur la démocratie libérale et donc fin des conflits idéologiques. Des années 30 à aujourd’hui, on suit Witold Gombrowicz en quatre mouvements, de Varsovie à Yalta, et en quatre tableaux : la Famille, l’Histoire, la Philosophie et la Poésie. Ce théâtre des idées, qui cherche le lieu où se crée l’Histoire, s’incarne dans les corps : Witold est l’immature audacieux face à l’adulte achevé. Mots et images, fiction et documentaire sont au cœur d’un dialogue sauvage, impur et vivant.