J'habitais une petite maison sans grâce, j'aimais le boudin

D'APRÈS SPOUTNIK DE JEAN-MARIE PIEMME I UN SPECTACLE DE VIRGINIE THIRION ET PHILIPPE JEUSETTE

La madeleine des uns est-elle le boudin des autres ? Quelle est la saveur du souvenir ? Un homme revient à son enfance, à Seraing, en Belgique, près de l’usine Cockerill et auprès de ses parents ouvriers. Avec tendresse, deux acteurs et un musicien ravivent les parfums oubliés d’un monde qu’on a malmené. 

1944 : un enfant naît dans une cave, sous les bombardements. Quelques années plus tard, la famille vit à la cadence de l’usine sidérurgique dont elle ne soupçonne pas l’obsolescence programmée. La mère est aux fourneaux, le père est à la chaîne. On fête la Saint-Nicolas au supermarché, écoute Elvis Presley et lance le Spoutnik. C’est dans la cuisine que ça se passe : pendant que l’un narre, l’une prépare le repas, l’autre joue une musique rock, jazz et blues. Quelques objets et photos retrouvés racontent la vie d’un fils d’ouvrier devenu écrivain, à la fin du XXe siècle. Plans sociaux, émancipation de classe, pans de vies. Adaptation de Spoutnik, roman autobiographique de l’auteur belge Jean-Marie Piemme publié en 2008, la pièce conte une histoire économique et sociale - en passant par le passé et l’intime. C’est drôle et touchant, simplement.