La Ville de l'année longue

TEXTE WILLIAM PELLIER MISE EN SCÈNE LAURENT MAINDON

Les ours blancs ne sont plus sur la banquise mais dans les banques, qu’on se le dise ! Avec ce conte loufoque mais néanmoins sensé, William Pellier fait divaguer la langue et déraper l’Histoire. Après la trilogie Asphalt jungle, présentée au Grand T en 2014, Laurent Maindon et le Théâtre du Rictus créent une farce de fin du monde, polaire, volcanique et glaçante.

Une famille dans une ville norvégienne. La femme est mariée avec un banquier (un ours, un vrai). La grand-mère est férue d’Hitler, leur ami docteur un peu pervers, nous apprend la voix off qui narre leur folle histoire. Débarquent deux financiers français et un prix Nobel d’économie. Un vrai, lui aussi. Pendant ce temps, la glace et le monde fondent. Tous s’obstinent à suivre une voie qui n’est peut-être pas l’issue. Ces glissades, cycliques, sont cyniques et burlesques. William Pellier, auteur étonnant voyageur, a écrit ce texte politique tel un magma poétique sur l’île de Spitzberg. On y entend le choc des glaciers, le souffle du vent et, de là, on voit le monde autrement. La pièce a fait l’unanimité au Prix d’écriture théâtrale de Guérande en 2013.