Le Merle noir

Blackbird

TEXTE DAVID HARROWER MISE EN SCÈNE FRANÇOIS CHEVALLIER

Il avait trente-cinq ans, elle en avait douze. Était-ce de l’amour? François Chevallier et son équipe nantaise montent un huis clos de l’indicible et de la résilience. Tirée d’un fait divers, l’histoire au parfum sulfureux est le fragment d’une impossible rencontre, relue quinze ans plus tard par ses protagonistes.

Una est face à Peter. À l’époque, il s’appelait Ray. Enfant séduite, elle lui avait donné son corps – ou bien était-ce lui qui l’avait pris? Depuis, il a fait de la prison et changé d’identité; elle subit encore l’outrage et le déshonneur de son entourage. Ce n’est pas l’histoire d’une Lolita mais celle d’un merle noir au discours enchanteur. Pourquoi est-elle venue là, quinze ans après, dans cette usine où il travaille, dans cette pièce sale et froide? Pour se venger, pour élucider, pour le confronter? Le duel, écrit en 2005 par un dramaturge écossais talentueux et primé, interroge la norme, la responsabilité, la morale – mais ne juge pas. Il convoque tour à tour l’amour et le désir, la vulnérabilité et la culpabilité, la séduction et la domination. L’œuvre, profonde et puissante, dérange et nous laisse suspendus, dans un certain malaise…