Le sorelle Macaluso

TEXTE ET MISE EN SCÈNE EMMA DANTE

Sept sœurs réunies. Avec les rires qui rayonnent, les voix qui piaillent, les robes aux couleurs vives et celles que les deuils ont assombries. Pour dire l’immensité minuscule des liens familiaux, la Sicilienne Emma Dante, figure essentielle de la scène européenne, signe un théâtre dansé qui vibre d’émotions.

Maria a toujours rêvé danser. À la maison, les sœurs jacassent la vie qui passe. Dans leur dialecte palermitain, les souvenirs et les fous rires ont la chaleur d’un soleil estival, la couleur d’un quotidien à la simplicité joyeuse. Jusqu’à cet après-midi à la mer où le destin frappe. Et avec lui viennent les culpabilités, les reproches et les douleurs. Le père qui tente et échoue, le fantôme de la mère qui veille. La danse s’éprend des corps comme la parole jaillit, brute et belle. Elle est poésie d’une vie brisée, d’un pleur inconsolé, d’un cri un jour étouffé. L’espace est vide, seuls les morts et les vivants s’enlacent et pourtant les paysages défilent devant nous. C’est là tout l’art d’Emma Dante. Un théâtre rudimentaire, une parole insulaire, une danse poignante comme une chanson d’enfance. Regardez, Maria danse.