Saigon

Caroline Guiela Nguyen I Les Hommes Approximatifs

Dans un restaurant-karaoké kitsch et coloré, espaces, époques et personnages se superposent. Entre la France et le Vietnam se dessine un trajet de larmes. Amour. Exil. Espoir. Avec onze acteurs, français et vietnamiens, Caroline Guiela Nguyen crée une bouleversante fresque humaine, grand succès du Festival d’Avignon 2017.

Saigon est le nom perdu d’une ville d’Indochine oubliée, une enseigne qui clignote encore sur le restaurant de Marie-Antoinette où, à Paris en 1996 comme là-bas en 1956, se croisent des êtres pris dans les mouvements de l’Histoire. Qu’est-ce que cette colonisation-là a fait aux gens qui l’ont vécue ? Dans l’espace-temps de la mémoire émotionnelle, où l’on rit et pleure, où l’on mange, chante et danse, se croisent ceux qui se sont aimés et perdus. Fille de viet keu (Vietnamiens de l’étranger) formée à la sociologie, Caroline Guiela Nguyen part de ses paysages intérieurs, de témoignages collectés à Hô-Chi-Minh-Ville — le nom actuel de Saigon — et du vécu de ses acteurs pour écrire des fictions, et faire apparaître sur nos plateaux une part de ces « récits manquants » de l’histoire mondiale de la France. Pour « apprendre à nous souvenir ensemble. »*

* Édouard Glissant, Poétique de la relation, Gallimard, 1990